Seuls les rebelles, le dernier film de Danielle Arbid, explore avec sensibilité une histoire d’amour improbable entre une veuve libanaise (Hiam Abbass) et un réfugié soudanais (Amine Benrachid), confrontée à un entourage scandalisé par les différences d’âge, de race et de statut social. Inspiré de Tous les autres s’appellent Ali de Fassbinder et ancré dans un contexte libanais meurtri par les conflits, le récit met en lumière des questions universelles d’amour, d’exil et d’intégration. Bien que tourné en studio à cause des bombardements à Beyrouth, le dispositif technique original n’enlève rien à l’émotion, même si certains critiques y trouvent un côté artificiel ou proche du soap-opera. Les interprétations, particulièrement celle d’Hiam Abbass, sont louées pour leur authenticité, tandis que l’acteur novice Amine Benrachid convainc malgré une écrite du personnage d’Osmane jugée parfois opaque. Le scénario, parfois reproché comme plat ou trop prévisible, est compensé par des dialogues sincères et une direction artistique résolue. Si l’histoire s’étiole par moments, le film reste une œuvre touchante, portée par la force des destins croisés et une esthétique lumineuse, offrant un regard critique sur les préjugés sociaux. Les critiques s’unissent cependant pour souligner la prouesse technique et l’impact émotionnel, malgré quelques longueurs ou inégalités dans les dialogues.