L'amour qu'il nous reste, le dernier film d'Hlynur Pálmason, est une œuvre qui surprend par sa beauté poétique et sa mélancolie. Le réalisateur islandais nous livre une chronique du temps qui passe et d'une famille qui se délite, avec une grande maîtrise technique et une attention particulière à la photographie. Les paysages islandais sont sublimes et les comédiens sont excellents, notamment les enfants qui incarnent le lien fragile qui subsiste entre les parents séparés. Le film est construit comme une succession de vignettes douces et parfois drôles, avec une temporalité étrange qui laisse place au surnaturel et au bizarre. La mise en scène est précise et chaque plan semble composé pour durer, mais le film refuse toute montée dramatique, préférant la sensation au récit et l'impression au conflit. C'est à la fois la force et la limite du film, qui finit par neutraliser l'émotion et laisse une impression belle, mais lointaine. Malgré quelques longueurs et une certaine lenteur, le film est une œuvre honnête et respectueuse de ses personnages, qui capte admirablement les petits riens de la vie quotidienne. Il est à voir pour sa beauté plastique, ses trouvailles visuelles et narratives, et sa capacité à surprendre et à émouvoir.