Le Studio photo de Nankin plonge dans les tragiques événements de la prise de la ville en décembre 1937, mettant en lumière les atrocités commises par l’armée japonaise, documentées elle-même à travers la photographie. Réalisé comme un devoir de mémoire chinois, le film se penche sur un studio photo transformé en lieu de résistance clandestine, où civils et militaires s’affrontent dans un contexte d’horreurs sans nom. Le scénario, bien construit et tendu par un suspense soutenu, explore la cruauté de l’occupation, le rôle documentaire des images et les dilemmes moraux des protagonistes, allant d’un facteur masquant la famille du photographe à un traducteur en proie à la trahison. Si certaines critiques évoquent un mélodrame excessive ou une narration parfois répétitive, d’autres soulignent la sincérité, la direction artistique soignée et la force des thèmes abordés. Dénué de complaisance esthétique, le film allie réalisme choquant et réflexion sur le pouvoir de l’image, tout en soulevant les tensions politiques actuelles liées au silence des révisionnistes japonais. Techniquement solide avec une interprétation percutante, il demeure contesté pour sa dimension propagandiste, tout en étant jugé nécessaire pour rappeler une histoire encore débattue, où la Chine ne semble pas capable d’oublier les crimes de l’allié hôte.