Le film de Paul Verhoeven Benedetta, inspiré de la vie de la religieuse lesbienne Benedetta Carlini du XVIIe siècle, explore avec ambiguïté la confrontation entre foi, désir et pouvoir institutionnel dans la période de la Contre-Réforme. En dénonçant les hypocrisies du clergé et l’exploitation des « miracles » par l’Église, le réalisateur joue sur un équilibre subtil entre mysticisme et rationalité, tout en laissant planer le doute sur les motivations de son héroïne. Certains critiques salue la maîtrise de la mise en scène, l’alternance des tons entre drame historique et critique sociale, ainsi que la performance de Virginie Efira et Charlotte Rampling. Le film est également apprécié pour sa dimension historique et sa tentative de questionner les tensions entre foi et corps, malgré des scènes de visions jugées parfois peu convaincantes. En revanche, d’autres pointent une direction d’acteurs inégale, un anachronisme linguistique gênant et une approche parfois caricaturale de la religion, avec des scènes jugées provocatrices ou choquantes, qui risquent de manquer de finesse. La représentation de l’homosexualité féminine est critiquée pour sa superficialité ou son côté voyeuriste, tandis que la structure narrative et le rythme du récit suscitent des réserves. Ainsi, Benedetta divise entre ceux qui trouvent en lui un drame richement interprété et une réflexion ambiguë sur la foi, et ceux pour qui il reste un projet mal abouti, marqué par des caricatures et une mise en scène parfois agressive.