« La Place d’une autre », réalisé par Aurélia Georges, s’inscrit dans le genre classique du drame historique mêlant usurpation d’identité, conditions sociales et question féminine pendant la Première Guerre mondiale. Adapté librement d’un roman de Wilkie Collins, le film suit une jeune infirmière, interprétée par Lyna Khoudri, qui s’empare de l’identité d’une Suissesse rencontrée sur le front, laissant cette dernière pour morte, pour accéder à une vie meilleure auprès d’une riche veuve, incarnée par Sabine Azéma. Si le duo des actrices principales est souvent souligné pour sa crédibilité et sa finesse, le reste du casting, notamment Laurent Poitrenaux, reçoit parfois des critiques mitigées. Le récit, malgré son originalité thématique et son ancrage historique précieux (rétrospective sur l’oppression sociale et la condition des femmes), est fréquemment reproché pour son manque de tension psychologique, sa direction académique et linéaire, ainsi que des dialogues distants ou lourds. Les décors, la photographie et la reconstitution historique sont généralement appréciés, mais le déroulement, jugé lent et parfois prévisible, ne parvient pas à captiver certains spectateurs. Les thématiques – la moralité de l’espoir de changement social, les ambiguïtés de la solidarité – sont abordées avec une certaine élégance, sans toutefois percuter de manière inoubliable. Le film, présenté comme une œuvre discrète et touchante, divise : certains y voient une réalisation sobre et bien intentionnée, d’autres une approche trop conventionnelle, manquant de vitalité pour transcender le cadre historique. Cependant, les performances des actrices et la fidélité au thème social garantissent un intérêt soutenu pour ceux sensibles au genre.