Le film "Le Flambeur" de Karel Reisz est un portrait poignant d'un professeur de littérature, Axel, interprété par James Caan, qui cache derrière son apparence classique une addiction au jeu. Le scénario, écrit par James Toback, est intelligent et explore avec finesse les méandres de l'addiction, où l'adrénaline et le risque deviennent les seules sources de jouissance pour le personnage principal. La réalisation de Reisz est subtile et laisse place à une interprétation exceptionnelle de Caan, qui incarne avec brio un homme tourmenté par son vice. Le film, qui compte également de solides performances de Lauren Hutton et Paul Sorvino, dégage une atmosphère de frénésie froide et cynique, sans illusions sur le destin de son personnage central. Malgré quelques longueurs et une patine esthétique des années 1970, "Le Flambeur" demeure un film intense et réfléchi sur la passion destructrice du jeu, qui, selon les mots d'Alexandre Dumas, "ne peut jamais être assouvie, elle ne peut jamais être lassée". La performance de Caan, ainsi que la qualité du scénario et de la réalisation, font de ce film un chef-d'œuvre sur l'addiction au jeu, qui continue de captiver les spectateurs avec son mélange trouble de masochisme et de déchéance.