« On l’appelait Robin des Bois » propose une déconstruction sombre et introspective du mythe, éloignée des versions aventureuses et légendaires traditionnelles. Centré sur un Robin des Bois brutalisé, marqué par sa violence passée, le film explore sa quête de rédemption dans un univers austère et visuellement saisissant, avec une photographie et des paysages qui évoquent des tableaux. Hugh Jackman, dans un rôle atypique, livre une prestation solide, incarnant un personnage complexe et ambigu. Cependant, le rythme soutenu au début, marqué par des scènes violentes et graphiquement détaillées, contraste fortement avec une seconde moitié lente et contemplative, accusée d’ennui ou de manque d’intrigue par certains spectateurs. Les dialogues, jugés parfois incohérents ou bavards, et le caractère fragmenté du récit divisent l’audience : tandis que certains y voient une réflexion audacieuse sur la mémoire et la construction des mythes, d’autres déplorant le défaut d’enjeux narratifs ou l’écart avec les attentes héritées des adaptations héroïques. L’esthétique, malgré quelques qualités, ne compense pas pour tous la faiblesse structurelle du scénario, laissant le film dans une posture contradictoire entre originalité assumée et réussite narrative discutable.