À bras-le-corps, premier long métrage de Marie-Elsa Sgualdo, suit le parcours tumultueux d’Emma, adolescente suisse confrontée au poids des conventions religieuses et patriarcales pendant la Seconde Guerre mondiale. Placé dans un cadre historique chargé, où la neutralité suisse est entachée de compromissions, le film explore avec intensité les luttes intimes et l’apprentissage de l’autodétermination d’une jeune femme victime d’un viol. La réalisatrice aborde ces thèmes avec une sobriété et une pudeur affirmées, misant sur les silences, les regards et les tensions subtils pour traduire le drame de son héroïne. Les performances, surtout celle de Lila Gueneau, révèlent une émotion brute et une présence scénique captivante, tandis que Grégoire Colin incarne un pasteur aux abîmes de la culpabilité et de l’incertitude. Si certains applaudissent la maîtrise du récit, la sensibilité du propos et la réflexion sur les rapports de pouvoir, d’autres déplorent une mise en scène répétitive, des scènes trop statiques ou une exploration insuffisante des thèmes historiques. Le film, oscillant entre un huis clos pesant et une poésie fragile, déclenche des réactions contrastées : certains le jugent indispensable et marquant, d’autres plat ou cliché, mais tous soulignent sa tentative, parfois réussie, de donner voix à une rébellion silencieuse face à l’hypocrisie du pouvoir et aux luttes millénaires des femmes.