A Second Life de Laurent Slama, tourné clandestinement sous les Jeux Olympiques de Paris 2024, suit Élisabeth, une jeune femme malentendante tiraillant entre une dépression angoissante et les exigences stressantes de son poste dans une conciergerie. Le récit, centré sur sa tentative d’affronter le tumulte parisien et sa rencontre fortuite avec Elijah, californien insouciant, explore avec délicatesse la santé mentale, la solitude et l’impact des grands événements touristiques sur la vie citadine. La mise en scène, à l’image du réalisateur, se distingue par une approche sensorielle immersive : le traitement du son, oscillant entre effervescence bruyante et silences réflexifs selon que les appareils auditifs de la héroïne sont retirés, devient un pilier de l’expérience émotionnelle. Les ruelles de Paris, filmées sans fioritures, contrastent avec les clichés bourgeois, offrant un aperçu vibrant de la ville sous l’effervescence des JO. Agathe Rousselle et Alex Lawther incarnent des personnages fragilisés mais réconfortants, leurs interactions évitant les facilités de la romance pour privilégier une progression subtile vers la reconnexion humaine. Si certains critiques jugent le scénario redondant et peu évolutif, l’œuvre séduit surtout par sa sincérité, son esthétique visuelle et auditive soignée, et sa capacité à capter l’univers intérieur d’un protagoniste à travers un Paris où la foule et l’exubérance contrastent avec une quête solitaire d’espoir. Porté par une équipe indépendante, A Second Life célèbre l’individuel dans le collectif, mêlant maladie mentale, résilience et l’appel à l’authenticité.