Steven Soderbergh signe avec The Christophers un film dialogué, centré sur la relation complexe entre un peintre aigri (Ian McKellen, remarquable) et une jeune restauratrice engagée par ses enfants pour achever des toiles inachevées, dans un huis clos à Londres. Porté par une joute verbale subtile entre deux personnages opposés – un artiste déchu confronté à un héritier opportuniste et une jeune femme aux compétences floues – le récit explore les thèmes de l’authenticité de l’art, la valeur de la créativité et les tensions familiales. Les répliques, souvent mordantes et pleines d’intelligence, soulèvent des questions éthiques tout en dévoilant les failles humaines des protagonistes, bien que certains moments longuent et pâtissent de dialogues redondants. L’interprétation de McKellen et de Michaela Coel est unanimement saluée, mais leur duo parfois cabotin ne compense pas une intrigue parfois mal structurée. Le film, jugé bavard et atypique, balance entre une réflexion raffinée sur la postérité artistique et une mise en scène statique, sans parvenir pleinement à capturer le spectateur. L’héritage, l’arnaque, le rôle de l’art au sein d’une société marchande : les thèmes sont riches, mais l’ensemble reste parfois opaque, oscillant entre une réussite dans l’intelligence des confrontations et une frustration due à une fin abrupte ou une narration mal cadencée. Ce Soderbergh secondaire, cependant, s’ancre dans la tradition de la réflexion sur l’œuvre d’art, mêlant mélancolie et ironie dans un huis clos étouffant où les personnages, bien qu’antipodiques, finissent par se comprendre, malgré des contours parfois flous.