Le film "Le garçon qui faisait danser les collines" (DJ Ahmet), réalisé par Georgi M. Unkovski, se déroule dans un village reculé des Balkans, où les traditions et la rigueur d’une société patriarcale encerclent les jeunes dans un carcan de normes. Ahmet, un adolescent passionné de musique, rêve de devenir DJ tout en défiant les attentes de son père, qui préfère son cadet. Entouré de figures féminines soumises (une voisine promise à un mariage forcé, une mère absente), le film explore les tensions entre modernité et archaïsme, avec une énergie musicale et un humour subtil, notamment à travers des scènes burlesques (hymne religieux décliné en techno, rave-party dans la forêt). Les paysages époustouflants et la tendance à mêler réalisme et réalisme magique renforcent l’atmosphère poétique. Bien que l’histoire, linéaire et parfois prévisible, ne révolutionne pas le genre, elle emprunte à la comédie des mœurs balkanes pour dénoncer les oppressions sans pesanteur, grâce à des acteurs naturels et une mise en scène inventive. Certaines critiques notent cependant une caricature expéditive du traditionnel et une vision simpliste de la modernité tournée vers l’Occident, tandis que d’autres soulignent un rythme parfois lent. Globalement, le film propose une fresque vivante et empathique, alliant légèreté et réflexion sur les enjeux sociaux, porté par une jeunesse qui cherche à s’émanciper tout en dansant entre le passé et le futur.