Shana est un premier long métrage de Lila Pinell qui suit une jeune femme de classe moyenne juive séfarade, tiraillée entre ses origines, une relation toxique avec un dealer et des liens familiaux tendus, notamment avec sa mère interprétée par Noémie Lvovsky. Porté par une Éva Huault débordante d'énergie et d'une sincérité touchante, le film s'impose comme une figure centrale, mêlant gouaille, fragilité et vitalité. Le récit, tourné en 16mm et influencé par des œuvres comme Diamant brut, évite les clichés traditionnels de la jeunesse marginale, optant pour une fresque sociale intime et souvent humoristique. Malgré une construction parfois lâche, des dialogues parfois répétitifs et des scènes qui écorchent le spectateur par leur crudeur, le cinéma séduit par son authenticité et sa tendre humanité. Les critiques soulignent néanmoins des faiblesses scénaristiques, une fin incomplète et une structure parfois décousue, bien que quelques séquences, notamment les confrontations avec la mère, soient mémorables. Le film, présenté à Cannes et récompensé par le SACD, divise les avis : certaines voix le jugent exigeant ou épuisant, tandis que d'autres saluent une œuvre promettante, portée par des actrices remarquables et une exploration sensible d'expériences contemporaines.Entre comédie et drame, Shana incarne le pari d'un regard original sur une génération en quête d'émancipation, malgré des hésitations dans l'équilibre entre réalisme et fiction.