The Plague de Charlie Polinger explore avec une intensité troublante le harcèlement adolescent dans un camp d’été de water-polo, mettant en lumière des mécanismes d’exclusion où la maladie de peau inventée par les enfants devient une métaphore de la marginalisation sociale. Le récit suit Ben, un adolescent hésitant entre empathie pour Eli, le bouc émissaire, et désir de s’intégrer au groupe, révélant ainsi les pressions psychologiques et la fragilité d’un passage à l’adolescence où l’appartenance peut coûter sa propre humanité. Le réalisateur évite les violences physical pour se concentrer sur l’impact émotionnel et la psychose collective, marquant un dialogue subtil avec le cinéma d’horreur grâce à une atmosphère oppressante, un usage étouffant de l’eau et un paysage sonore anxiogène. Les jeunes acteurs, particulièrement remarquables, incarnent l’ambivalence cruelle des adolescents, oscillant entre solidarité et trahison. Si le film s’affirme par son originalité esthétique et son engagement à dénoncer la cruauté des groupes, certains reprochent une stylisation excessive ou une allégorie insuffisamment développée, nuisant au réalisme. Restant cependant une œuvre marquante, The Plague questionne avec force la toxicité des rapports interpersonnels à un âge où les certitudes s’effritent, sans jamais offrir de solution évidente.