Agnès Jaoui propose avec L'Objet du Délit une comédie choral et réfléchie, ancrée dans l'univers tendu de la production d'une Noces de Figaro à l'époque post-#MeToo. À travers les conflits survenant après l'accusation d'agression sexuelle contre un ténor italien, le film explore avec nuance les tensions entre générations, les dérives d'un féminisme parfois hystérique et l'incapacité des uns et des autres à concilier l'art et les tensions sociales. La réalisatrice, fidèle à son style, mêle avec malice dialogues ciselés et situations absurdes, mettant en lumière les malentendus, les égos et les désaccords au sein de la troupe. Même si certains épisodes ou personnages suscitent des réserves (longueurs, caricatures), l'ensemble reste fluide et engageant, soutenu par une distribution talentueuse et la présence émouvante de Mozart. Le film ose questionner les excès des jugements rapides sans manichéisme, tout en laissant un espoir furtif dans le pouvoir de l'art pour réconcilier les voix discordantes.