Un balcon à Limoges, réalisé par Jérôme Reybaud, se déroule autour de la rencontre fortuite de deux anciennes camarades de classe à Limoges, incarnées par Anne-Lise Heimburger et Fabienne Babe, deux actrices dont l’alchimie et la prestance sont unanimement saluées. Leur duo compose une mélodie d’antagonismes : l’une, figure de liberté et d’insoumission, l’autre, ancrée dans la routine et les conventions, mère célibataire soucieuse d’engagement social. À travers cette fable contemporaine, le film explore avec une sensibilité pop et un humour vif la tension entre conformisme et rébellion, tout en évoquant des enjeux sociaux et politiques de notre époque. La mise en scène, fluide et inventive, transforme le balcon en miroir intime, tandis que les dialogues, parfois théâtraux, oscillent entre aigreur et poésie. Cependant, certaines critiques pointent un rythme inégal, une résolution finale jugée irréaliste ou surfaite, ainsi que des dialogues parfois maladroits. Malgré ces débats, le court métrage (70 à 75 minutes) est perçu comme une œuvre audacieuse, marquée par une concision radicale et une esthétique résolument décalée, à découvrir sans connaissances préalables pour apprécier pleinement son twist inattendu et son énergie singulière. La musique de Leonard Lasry, les performances des comédiennes et l’originalité de la démarche du réalisateur, comparée à des classiques du cinéma français, en font une œuvre marquante, même si l’impact narratif reste parfois indécis.