Obsession, premier long métrage du jeune réalisateur Curry Barker, mêle horreur psychologique et relation toxique dans une mise en abîme de l’obsession amoureuse. Adapté par la production Blumhouse, le film suit Bear, un homme introverti qui utilise un bâton magique pour exaucer son vœu : Nikki, sa collègue, l’aime « plus que tout au monde ». Cet instantané amour artificiel bascule vite dans le cauchemar, transformant Nikki en créature dépendante, instable et dangereuse. La réalisation se distingue par son rejet des jump scares classiques, privilégiant des ambiances opprimantes, des contrastes sombres-et-lumières et une exploration subtile du dérèglement émotionnel. Inde Navarrette (Nikki) incarne avec intensité cette possession dérangeante, allant du charmeur à l'hystérie, devenant le moteur principal du malaise. Les critiques s’accordent à saluer sa performance exceptionnelle, ainsi que la structure audacieuse du film, qui s’adapte aux angoisses de Bear et à la métamorphose de Nikki. Cependant, certaines voix notent une certaine rechute dans les schémas prévisibles du teen-horror, un rythme parfois lourd et une tension exagérément polarisée sur le personnage de Bear, révélatrice de sa toxicité insidieuse. Le film explore aussi les thématiques contemporaines de la co-dépendance et de l’emprise, mêlant satire des romcoms et critique du patriarcat. Malgré ses défauts (dialogues parfois artificiels, scènes de gore parfois surjouées), Obsession se révèle être un phénomène étonnant, à la fois divertissant et perturbant, qui a su capter le public avec ses tensions psychologiques et sa construction originale. Le débat reste ouvert sur sa place dans le panthéon de l’horreur, mais il n’est pas contesté que Barker a jeté les bases d’un auteur à surveiller.