Comète, signé Élie Wajeman, se déroule dans un Paris traversé par une mystérieuse trajectoire céleste, croisant les destins d’un comédien sorti d’hôpital psychiatrique, d’une metteuse en scène en quête de réinvention, d’un cafetier dealer et d’un tueur à gage. Ambitieux et poétique, le film explore les hasards, les coïncidences et les liens invisibles entre des individus hantés par la solitude, les ruptures, les rêves ou les doutes sur leur place dans le monde. Même si certaines critiques soulignent des dialogues peu convaincants et un manque de magie palpable, l’ensemble se construit autour d’une prose contemplative, où les silences, les regards et les gestes parlent parfois plus que les mots. Porté par une distribution fraîche et naturelle — Lou Lampros, Alexia Chardard, Vincent Macaigne —, le film joue sur une esthétique lumineuse et introspective, mêlant subtilité la fiction au documentaire. Le réalisateur, par ailleurs, s’attarde sur les traversées parisiennes et la jeunesse avec une sensibilité aiguë, laissant les histoires émerger lentement, sans prétention ni artifice. Bien que quelques longueurs ou redites marquent le récit, la bande sonore, les performances et la chorégraphie des fêtes donnent à ce choral une émotion profonde, marquant un temps d’arrêt pour contempler la fragilité et l’essence humaine. Ainsi, entre Tchekhov et le présent, Comète devient une œuvre tendre, universelle et parfois déroutante, mais finalement indissociable d’une quête de poésie et d’authenticité.