Quentin Dupieux propose avec Le Vertige un film d'animation original, marqué par une esthétique volontairement datée rappelant les premiers jeux vidéo, avec personnages pixelisés et décors rappelant ceux des années PlayStation. Cette approche visuelle absurde, associée à des dialogues savamment dosés entre philosophie de comptoir et burlesque, interroge la nature de la réalité en évoquant le concept de simulation. Bien qu'originaux et parfois hilarants, les échanges entre les personnages, notamment incarnés par Alain Chabat et Jonathan Cohen, restent parfois creux ou redondants, limitant l'impact du propos. Le scénario, bref (67 minutes), s'essouffle parfois dans des digressions hasardeuses ou des thèmes peu exploités, tandis que la narration, censée pousser l'idée jusqu'à l'absurde, manque d'audace dans sa fin. Pourtant, le film séduit par sa créativité, sa volonté assumée d'expérimenter le rendu technique et ses hommages nostalgiques aux premiers jeux 3D. Mêlant rigolade, mélange de genres et questionnement sur notre rapport au réel, Le Vertige reste une œuvre singulière, appréciée pour sa démesure ludique, mais divisant sur sa profondeur et sa maitrise, même si elle ne manquerait pas de provoquer le vertige qu'évoque son titre.