La Pointe Courte, réalisé par Agnès Varda en 1955, est un film à la fois fascinant et décevant. D'une part, il présente une photographie magnifique en noir et blanc, avec des cadrages et une utilisation de la lumière qui imprègnent le spectateur d'une ambiance authentique. La vie quotidienne des pêcheurs du quartier de La Pointe Courte est filmée de manière semi-documentaire, montrant leur vie simple et leurs préoccupations. D'autre part, l'histoire du couple en crise, interprété par Philippe Noiret et Sylvia Monfort, est souvent pénible à suivre en raison de leur diction théâtrale et de leur manque d'émotion. Les dialogues sont parfois emphatiques et les scènes du couple sont répétitives. Le film souffre également d'une juxtaposition maladroite entre la fiction et le documentaire, ce qui rend difficile la cohésion de l'ensemble. Malgré ces défauts, le film reste intéressant pour son aspect historique, car il annonce les prémisses de la Nouvelle Vague française et présente une vision unique de la vie dans un village de pêcheurs. La réalisation d'Agnès Varda, issue du monde de la photographie, est sensible au détail et à la poésie du quotidien, ce qui donne au film une certaine beauté et une touche personnelle. En somme, La Pointe Courte est un film complexe qui mérite d'être vu pour son importance dans l'histoire du cinéma, mais qui peut laisser le spectateur perplexe en raison de ses contradictions et de ses imperfections.