Le film "La Belle Noiseuse" de Jacques Rivette divise les spectateurs avec son approche expérimentale et sa longueur de près de quatre heures. D'un côté, certains critiquent son caractère excessivement long, ses dialogues creux et son atmosphère pseudo-intellectuelle, la qualifiant de "catastrophe élimée" ou de "poisse" qui pourrait être réduite de trois heures sans perte significative. Les scènes de pose et les dialogues entre les personnages sont souvent considérés comme dispensables et manquant de profondeur. De plus, certains trouvent que le film se complaît dans un narcissisme artistique et un regard voyeuriste sur le modèle, Emmanuelle Béart, dont la beauté et la nudité sont mises en avant de manière provocante. D'autres regrettent l'absence de musique, ce qui ajoute à la longueur ressentie du film. D'un autre côté, d'autres spectateurs estiment que cette longueur permet une exploration approfondie de la relation entre l'artiste et son modèle, ainsi qu'une réflexion profonde sur la création artistique et la quête de l'absolu. Le film est loué pour ses scènes de dessin magnifiques, sa lumière froide et clinique, et la performance magistrale de Michel Piccoli et d'Emmanuelle Béart. Les partisans du film soulignent que la beauté du corps de Béart n'est pas là pour le plaisir voyeuriste, mais pour explorer l'esthétique et la culture antique, allant au-delà du désir pour aborder l'essence même de l'art. Le traveling sublime dans le jardin, les cadrages au millimètre et les plans séquences sont également salués pour leur beauté. Enfin, certains apprécient la manière dont le film aborde le thème de la création, en mettant en scène le processus de peinture et les émotions qui l'accompagnent, malgré les longueurs inévitables qui pourraient rebuter certains spectateurs.