Concrete Cowboy, de Ricky Staub, produit par Idris Elba, explore les valeurs et traditions d’une communauté noire de « cowboys modernes » dans un quartier défavorisé de Philadelphie, tout en mettant en scène le conflit d’un adolescent, séparé de sa mère, confronté à son père absent et à ses choix de vie. Le film, inspiré d’une histoire réelle, s’appuie sur une immersion visuelle marquée par une photographie chaude rappelant les westerns classiques, ainsi que sur la présence, dans le casting ou le générique, de vrais membres de la communauté des Black Riders, apportant authenticité et profondeur au récit. Les thèmes de la transmission paternelle, de l’initiation et de la recherche d’une identité dans un cadre marqué par la pauvreté et la marginalisation sont abordés avec des intentions louables. Toutefois, le scénario, malgré une base originale, reste tributaire de forfaits narratifs bien rodés, tels que les retrouvailles conflictuelles ou le choix entre deux mondes, et souffre d’un rythme lent, de longueurs répétitives et d’un manque d’originalité dans les tensions sociales ou émotionnelles. Si l’ambiance des écuries, les scènes de cavalcade et certains dialogues entre cavaliers séduisent, la faiblesse des second rôles, la superficialité de sous-intrigues (comme celle de l’amitié) et une conclusion parfois déroutante égratignent l’impact du film. L’interprétation d’Idris Elba, bien que charismatique, ne suffit à compenser une direction insuffisamment audacieuse. Pourtant, malgré ses défauts, le film reste une tentative louable pour mettre en lumière une histoire méconnue, appréciée notamment par ceux qui privilégient la dimension documentaire ou la dimension symbolique de la présence noire historique dans le mythe du cavalier.