« The Green Knight » se positionne comme une œuvre ambitieuse, marquant le cinéma d’un mythe arthurien revisité à travers une esthétique raffinée et poétique. Adaptation du poème médiéval anglais, le film vise à incarner une quête initiatique à la fois contemplative et mystérieuse, jouant sur l’univers onirique avec des scènes immersives et une symbolique dense, alliant traditions celtiques et allégories philosophiques. Le réalisateur David Lowery propose des visuels époustouflants, alliant nature brute et artifice numérique, ainsi qu’une mise en scène subtile, rappelant parfois le travail de Guillermo Del Toro ou l’héritage d’« Excalibur », tout en s’engageant dans une narration où les non-dits et les ambiguïtés deviennent centraux. Cependant, le film se heurte à une critique répétée : un rythme lent et une structure parfois incompréhensible, avec des scènes trop contemplatives ou des éléments narratifs peu explicites (comme la présence du renard ou les rapports entre personnages), qui pèsent sur l’engagement. La fin, modifiée par rapport à l’œuvre originale, renie l’humour et l’ironie du texte pour un ton dramatique plus conventionnel, décevant certains. Bien que certains jugent cela un chef-d’œuvre audacieux ou une exception à un cinéma souvent dénué d’imagination, d’autres le trouvent creux ou distrait, surtout pour ses longueurs. Ainsi, le film suscite des opinions partagées : admiré pour sa témérité artistique et son atmosphère singulière, mais critiqué pour sa gestion aléatoire du scénario et une exigence parfois inaccessible au spectateur moyen.