Adapté d’un roman inspiré d’un témoignage incertain, Les Goûteuses d’Hitler explore un épisode méconnu de la guerre, où des femmes, recrutées comme goûteuses du Führer, naviguent entre angoisse existentielle et compromis moraux. Le film se distingue par une esthétique soignée (récits historiques et esthétique visuelle rehaussés par des performances solides, notamment d’Elisa Schlott), offrant une plongée immersive dans le contexte d’une Allemagne en déroute. Pourtant, malgré l’intérêt du huis clos et l’originalité du point de vue féminin, le scénario reste parfois plat, peinant à transcender sa proposition de départ : les sous-intrigues, comme une romance avec un SS ou un secret juif tragique, apparaissent secondaires et mal intégrées. La tension autour des menaces sur leurs repas est présente, mais le récit s’éternise entre épisodes anodins, manquant d’élans dramatiques marquants. L’œuvre soulève cependant des réflexions sur la condition des civils nazis et la sororité dans l’adversité, bien que sa mise en scène sobre et son rythme posé ne convainquent pas tous les spectateurs. Si certains jugent le film puissant dans sa sobriété et sa fidélité au roman, d’autres le trouvent trop froid ou insuffisamment audacieux, oscillant entre mémoire historique et fiction.