Le film A plein temps d'Éric Gravel est un thriller social angoissant qui plonge dans la vie éprouvante de Julie, une mère célibataire travaillant dans un palace parisien et vivant en banlieue, confrontée à des grèves des transports perturbant son équilibre déjà fragile entre vie familiale et professionnelle. À travers un rythme effréné, des dialogues tranchants et une musique oppressante, le récit s'impose comme une plongée immersive dans la détresse d'une femme débordée par les exigences du quotidien, tant au travail qu'avec ses enfants. Laure Calamy, remarquable de justesse, incarne avec intensité une héroïne combative, dépeignant les tensions d'un univers où la courbe du stress atteint un climax inévitable. Le film dénonce avec justesse le fonctionnement épuisant du monde du travail et les contraintes structurelles subies par les classes populaires, sans verser dans le manichéisme ou le mélodrame. Sa construction serrée, son montage nerveux et sa tension constante s'appuient sur une réalisation maîtrisée, tandis que la musique d'Irène Drésel renforce l'atmosphère d'anxiété. En soulignant les défis des mères solos et la précarité sociale, le film évite tout temps mort, immergeant le spectateur dans une course contre la montre qui épuise autant qu'elle émeut. Les critiques soulignent unanimement la force de l'interprétation de Laure Calamy, tout comme la pertinence du discours, sans toutefois manquer de noter une intensité parfois écrinante. Une œuvre percutante, à la fois critique sociale et récit d'émancipation, qui marie réalisme brut et art du cinéma.