Jim Queen, film d’animation queer réalisé par Marco Nguyen et Nicolas Athané, se distingue par une inventivité visuelle et un humour déjanté, mêlant satire et introspection sociale. Placé dans un Paris uchronique où l’homosexualité est normale, il suit Jim Parfait, un icône influencée devenue hétérosexuelle après avoir contracté virus de l’hétérose, et son compagnon Lucien, sur une quête burlesque pour stopper cette menace. Le film déconstruit avec humour les stéréotypes de la communauté gay – culte du corps, conformisme, homophobie intracommunautaire (via le « Gaystapo ») – tout en critiquant l’essentialisation de l’hétéronormativité. Son animation, colorée et inspirée du Rick and Morty ou des fanzines queer, se distingue par une audace stylistique, des références multiples (clownesque, Dragon Ball Z, allusions à des figures politiques) et un ton décomplexé. Réjouissant, il mêle satire corrosive et message de bienveillance, bien que certains critiques relèvent une surexposition à la folie des caricatures et une fin parfois débordante. Si les dialogues, truffés de mots-valises et de jeux sur la langue, séduisent un public gay parisien friand de subtilités, ils peuvent manquer de portée pour d'autres spectateurs. Malgré cela, le film, présentée en Séance de Minuit à Cannes, conquiert par son énergie contagieuse, ses personnages hauts en couleur et un message clair en faveur de l’acceptation de soi.