Le film Noise de Kim Soo-jin, porté sur le thème des nuisances sonores entre voisins et la disparition mystérieuse d’une jeune femme, cherche à exploiter le son comme élément central à la fois narratif et anxiogène, notamment via la maladresse de sa héroïne, ce qui donne à certaines scènes une intensité inquiétante et immersive. S’appuyant sur un sound design soigné, le film parvient à créer une atmosphère oppressante et des moments de tension efficacement maîtrisés, surtout dans ses premiers tiers, où le mystère et l’insécurité s’installent avec succès. Cependant, ses faiblesses scénaristiques et sa progression hachée altèrent progressivement son impact : le scénario s’avère parfois peu convaincant, manque de profondeur, se perdant dans des chemins secondaires peu cohérents ou des rebondissements aléatoires, tandis que le rythme, lent ou surchargé, ne toujours pas enchaîner les suspens. Comparé à des œuvres voisines comme 82 m² ou Le Locataire, il reste original en surface mais manque à creuser ses thèmes, souffrant d’une structure confuse et de personnages peu explorés. Si l’ambiance, le travail sonore et le huis clos sont réalistes, l’ensemble reste médiocre pour certains spectateurs, oscillant entre une réussite partielle dans l’évocation de la paranoïa quotidienne et une déception quant à ses ambitions génériques.