Whisky, réalisation uruguayenne de Juan Pablo Rebella et Pablo Stoll, se démarque par une approche minimaliste, oscillant entre mélancolie douce et humour grinçant. Tourné à huis clos autour de trois personnages liés par une farce conjugale et des relations marquées par l’incommunicabilité, le film s’appuie sur des dialogues sobres, des silences pesants et des silhouttes figées dans leur routine, renforçant une atmosphère d’absurdité et d’ennui. Les critiques soulignent une structure proche des œuvres de Kaurismaki, avec son recours à des cadrages fixes, une esthétique froide et un recul ironique vis-à-vis de la banalité du quotidien. Si certains soulignent un propos poignant, révélant les tensions sourdilantes des émotions refoulées – notamment une évolution subtile et touchante d’une figure de l’ouvrière –, d’autres jugent le rythme lent, le huis clos oppressant et une fin délibérément évasive, laissant le spectateur dans l’indétermination. Récompensé à Cannes, Whisky est ainsi perçu comme un film introspectif, où le non-dit prédomine, suscitant autant d’empathie que de désarroi, entre un réalisme cru et une tendre distance.