« Wrong Cops », œuvre de Quentin Dupieux, se positionne comme une production absurde et burlesque, oscillant entre mini-série, court-métrage et film, dans la lignée de ses précédents travaux comme Wrong ou Rubber. Bien qu’elle reprenne les codes humoristiques et le côté no-sens caractéristiques du réalisateur, certains jugent son concept original décliné ici dans un format moins convaincant que ses œuvres antérieures. La mise en scène, marquée par une esthétique volontairement surexposée et une utilisation d’optiques vieilles de plusieurs décennies, divise : pour certains, l’aspect visuel reste soigné avec des couleurs chaudes, pour d’autres, les images manquent de clarté et relèvent d’un procédé technique basique. Le scénario, foisonnant d’intrigues parfois laissées en suspens, s’appuie sur des personnages déjantés, des situations absurdes et des dialogues décalés, tout en intégrant des clins d’œil aux travaux antérieurs de Dupieux. Le casting, comprenant des figures surprises comme Marilyn Manson ou Éric Judor, est largement évoqué comme un point fort, ainsi que la bande originale signée Mr. Oizo, électrisante. Si certains critiques soulignent des faiblesses narratives et des choix scénaristiques maladroits, d’autres saluent l’ambiance délirante, l’humour corrosif et le plaisir décalé qu’offre ce projet, même si l’accessibilité de l’œuvre reste limitée à ceux prêts à se laisser emporter par son univers incohérent. Le film, initialement conçu comme publicité pour un album musical de Dupieux, a progressivement évolué vers une forme d’œuvre atypique, marquant une étape dans cette trajectoire artistique marquée par l’indépendance et la dérision.