La série The Cleaning Lady, portée par une Elodie Yung remarquable, suit une immigrée en situation irrégulière aux États-Unis, mère célibataire d’un enfant malade, contrainte de collaborer avec un réseau mafieux après avoir assisté à un meurtre. Bien que l’intrigue s’inscrive dans un canevas établi, mêlant drame, thriller et réflexions sur la vulnérabilité des migrants, la première saison se distingue par un rythme soutenu et des rebondissements efficaces, portée par une direction artistique solide et une bande-son judicieusement choisie. Yung, révélée grâce à ses compétences en arts martiaux et une prestation émouvante, incarne une héroïne complexe, oscillant entre survie et éthique. Cependant, le scénario, initialement prometteur, souffre d’invraisemblances et de longueurs, surtout à partir de la saison 2, où les personnages secondaires et les sous-intrigues manquent de cohérence, exacerbés par la perte prématurée d’Adam Canto. La série évolue alors vers une fin expéditive, dénigrant progressivement ses propres valeurs. Si certains épisodes, notamment dans les saisons ultérieures, tentent de rattraper un rythme déclinant par des rebondissements hâtifs, l’œuvre reste attachée à ses défauts : facilités scénaristiques, plagiats de fortes séries comme The Sopranos ou Breaking Bad, et personnalités caricaturales (agents du FBI, mafieux). Cependant, malgré ses limites, elle séduit par sa tension dramatique et sa dimension sociale, offrant une vision raw de la lutte d’une femme pour sa survie et celle de son fils, même si les saisons finales, après l’interruption de Canto, piétinent, se réduisant à des épisodes creux. Une série divisée entre promesses initiales et réalisation mitigée, appréciée pour ses fortes têtes féminines et sa tension intraduisible.