Steven Soderbergh s’attaque dans The Christophers à une histoire intimiste tournée autour de deux personnages opposés : un peintre reclus et aigri (Ian McKellen) et une faussaire engagée par ses enfants pour achever une série de toiles inachevées, déclenchant une joute verbale soutenue et une réflexion sur la nature de l’art, l’héritage et le commerce. Le film évolue progressivement d’un suspense familiale à une exploration de la relation entre les deux protagonistes, oscillant entre méfiance, complicité et dialogue. Les performances d’Ian McKellen et Michaela Coel, particulièrement percutantes, soulèvent la qualité de l’œuvre, malgré des critiques sur la lourdeur des répliques et un rythme parfois bâclé, surtout dans les segments initiaux. Si certains y voient une œuvre intelligente, touchante et satirique des rapports art-marchandise, d’autres reprochent son côté trop théâtral, bavard ou inachevé, notamment en fin de parcours. Malgré une mise en scène statique et une structure atypique qui polarisent les spectateurs, le film s’affirme comme une étude subtile sur l’identité artistique, le legs et les relations humaines, tout en restant hermétique à un public large, préférable aux amateurs de cinémas d’auteur.