L'Affaire Zanetti de Leonardo Di Costanzo, inspiré d’un fait divers italien, explore les mécanismes de la mémoire, de la culpabilité et de la justice réparatrice à travers le face-à-face entre un criminologue (Roschdy Zem) et une femme emprisonnée (Barbara Ronchi) ayant commis un crime dont elle affirme ne plus se souvenir. Les critiques soulignent l’intensité rare des performances des deux acteurs, leurs dialogues chargés de silences et de subtilité renforçant une tension psychologique et un affrontement à fleurets mouchetés comparé au Silence des agneaux. Toutefois, bon nombre de spectateurs déplorant le rythme lent, soporifique, et le scénario bavard, constatent que l’absence de suspense et de révélations marquantes rendent le récit monotone. La mise en scène clinique, axée sur les débats philosophiques et psychanalytiques, échoue à créer une dynamique captivante, même si certains saluent sa profondeur thématique et son ambition humaniste. Les ambigüités géographiques (France/Italie) et linguistiques, ainsi que l’ambivalence entre documentaire et thriller, génèrent des interrogations sur la cohérence du projet. Bien que les acteurs soient unanimement applaudis pour leur intensité, l’œuvre reste divisée entre une réflexion troublante sur les limites de la compréhension humaine et un exécution perçu comme aride ou inachevée, laissant certains spectateurs sur leur faim.